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2010
Intelligence économique : Étude comparée entre Québec, France, Royaume uni : 1ères réflexions
La compétition entre les pays, les entreprises s’est fortement accélérées au cours des dernières années et sera certainement encore plus féroce dans les années qui suivent. Chaque pays a des pratiques différentes et elles ne sont pas toujours compréhensibles car l’exception culturelle entre en jeux.
Les stratégies des acteurs économiques se confrontent sur plusieurs champs de réalités, international, national et régional. Les Etats, les entreprises, les régions sont désormais de plus en plus contraints d’intégrer cet élément dans la définition de leurs orientations stratégiques.
Le présent article a pour objectif de décrire rapidement et de façon non exhaustive quelques pratiques d’intelligence économique développées dans différents pays, Québec, France, Royaume Uni. Il est loin d’être complet et présente de façon générale quelques dispositifs.
Quel est la culture d’intelligence économique, les pratiques et les pilotages territoriaux qui en découle pour chaque pays ? En essayant de répondre à cette question, cela permet de découvrir les différentes exceptions culturelles et les manières dont sont pratiquées l’intelligence économique. On peut trouver différents termes : districts industriels, clusters, grappes industrielles qui forment des organisations et qui fondent leur performances, leur développement sur l’utilisation de réseaux d’information, d’appui et de réseaux d’excellence ou d’influence.
Le monde :
A l’époque des « trente Glorieuses » et l’affrontement idéologique (capitalisme/communisme) ont souvent masqués les conflits économiques entre les Etats, les entreprises. L’arrivée de nouvelles forces émergentes « Les dragons d’Asie », l’effondrement du bloc communiste, la réduction de certaines richesses ont bouleversé l’ordre des relations internationales, économique et d’une logique militaire, on est passé à une logique économique et expansionniste. C’est dans les années 90 que les véritables programmes d’intelligence économique ont débuté officiellement.
Québec / Canada :
A l’instar de certains pays (France, Royaume unis, USA), la notion d’intelligence économique n’est pas très usité et il est difficile de trouver des groupes de réflexions formelles, des études de cas d’entreprise ou des analyses sur ce domaine. Au Québec, ce terme est plus regroupé sous la notion de Business Intelligence ou encore de Renseignement d’affaire. L’intelligence économique semble se monter brique par brique sans une politique offensive dans ce domaine.
Mme Bergeron ( regional business intelligence : the view from Canada, Journal of information Science, 26(3) 2000) définit cette notion comme « une activité de surveillance systématique de l’environnement organisationnel, afin de collecter des informations pertinentes, ouvertes, de transmettre, analyser et évaluer ces informations pour une action et une prise de décision optimum de l’organisation, ainsi que pour l’anticipation. Il s’agit d’une activité qui est partie intégrante du management de l’information stratégique dans une organisation ».
Selon une étude faite par Chung Wei Choo (Information management for the intelligent organization, The art of scanning the Environment ASUS, information Today, 2000) à la fin des années 90, 32 % des répondants disposaient d’une organisation plus ou moins formalisées dans les PME manufacturières. Une autres études dans les secteurs des Hautes technologies réalisées en 1998, 1999 (Cité par P. Bergeron, Calof J&Al Survey of canadian R&D Companies) montraient que 11 % avait en place un système formalisée d’intelligence économique. Qu’en est il en 2010 ? Après 5 ans d’existence pour ma part au Québec, je n’ai vu que 3 offres officielles dans ce domaine !
Au niveau des politiques publiques, les réactions semblent plus importantes. Dans les années 90, 14 centres de veilles concurrentielles ont été crées afin d’apporter une expertise dans les domaines de transfert des technologies, informations, apprentissages, d’utilisation de l’information stratégique et démarche de Business intelligence. La faible performance de ces centres ont débouché sur la mise en place d’un autre programme dit d’assistance à la recherche industrielle, National Research Center (NRC) ou une large place est consacrée aux renseignement d’affaires. En effet, il semblerait que la faible performance du dispositif n’a pas réussi à s’ancrer dans le paysage des PME et que la démarche n’était pas perçue comme une démarche de management de l’innovation (Philippe Clerc, Président de l’AFDIE – L’intelligence économique au Canada).
Actuellement le CRIQ (Centre de Recherche Industriel du Québec), Montréal International et investissement Québec semble être les structures importantes dans le paysage de développement Québecois et d’analyse dans ce domaine.
Qu’en est il de l’exception culturelle ? il semblerait que cela soit un mixte entre la culture américaine (intelligence concurrentielle) et une pratique avancée de veille qui se caractérisent essentiellement au niveau québécois par le déploiement d’un dispositif de veille avancées, d’analyses prospectives, l’accompagnement de politiques d’appui au niveau du développement local et à l’innovation ainsi que des pratiques d’exception culturelle.
France :
Les débuts de l’officialisation de l’intelligence économique en France date des années 1994. Les pratiques d’intelligence économique ont commencé suite à la prise de conscience que certaines technologie Made In France étaient convoitées. Le rapport Martre (intelligence économique et stratégie d’entreprise février 1994) a été l’un des premiers rapports important en France. Depuis, nombre d’université, école de commerce ont commencé à proposer des formations pointues dans ce domaine ainsi que le développement d’organismes d’intelligence économique et de politiques adéquates et offensives. Pour renforcer la compétitivités des entreprises, nombre de dispositifs ont émergé comme récemment la création des pôles de compétitivité.
L’exception Française prend la forme suivant : « l’accès compétitif aux marchés du monde s’opère à partir d’une extrême localisation des activités et des dynamiques d’entreprises » (S Arzeni, Réseaux d’entreprises et développement local, LEED, OCDE, 1996). La mondialisation renvoie à l’importance de l’ancrage territoriale des activités.
Cela se caractérise par :
- - une capacité à comprendre et interpréter les enjeux et réalités des environnements de l’organisation
- - un processus de détection, d’interprétation des signaux de l’environnement économique
- - une aide à la définition et au pilotage de la stratégie par une démarche d’influence.
- - Un centrage sur des développements de stratégies territoriales en coordination avec les politiques nationales
- - une définition d’une doctrine de sécurité notamment économique
- - une réflexion sur le long terme avec des visions stratégiques
Royaume Uni :
L’historique de l’intelligence économique au Royaume uni est ancienne et nombre de grandes entreprises ont des structures formalisées dans ce domaine.
Les PME sont sensibilisées par des « Business Links » qui sont des réseaux territoriaux d’appui lancées au début des années 90. Ils ont pour objectif de diffuser des pratiques et de l’information à valeur ajoutée (export, innovation, technologie…) orientés spécifiquement pour les très petites et moyennes entreprises. Il en existe 45 dans le Royaume uni. Dernièrement, une second dispositif a été mis en place, le réseau Globalwatch. Il s’agit d’un réseau de veille, lobbying international au service des entreprises britanniques (15 implantations dans le monde) secondé par un réseau humain chargé de repérer, promouvoir, négocier les intérêts économiques britanniques. L’objectif de Globalwatch est de fournir un appui ciblé sur les technologies et les pratiques étrangères en matières d’innovation
La culture anglaise se caractérise par l’utilisation intensive de war room, de pratiques de l’intelligence concurrentielle, de stratégie de lobbying et d’influence. C’est une culture basée sur l’action offensive.
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